Enfant perdu en voyage : à 4 ans, je me suis perdue en Sicile

Cette histoire ne commence pas par un voyage raté. Elle commence par une enfant en pyjama, seule, dans un hôtel sicilien.
Bien avant les smartphones, les GPS et toute tentative de logique adulte, il y avait déjà moi. 4 ans, en Sicile, seule la nuit dans un resort, persuadée que tout allait bien. Rétrospectivement, c’était sans doute le premier indice : mes galères avaient commencé très tôt.
Vacances années 80, mode survie
On venait de passer une semaine en famille sur l’île.
Des vacances années 80 : hôtel, chaleur, parents fatigués et enfants livrés à eux-mêmes bien plus tôt que ce qui serait socialement acceptable aujourd’hui.
Je me réveille.
Silence.
Je réveille ma sœur.
Branle-bas de combat. À notre échelle.
On vérifie la chambre.
Le lit de nos parents est vide.
Personne.
On conclut, très sérieusement, qu’ils sont quelque part dans l’hôtel.
Et qu’il faut aller les retrouver.
Ma sœur essaie de mettre ses chaussures.
Elle prend son temps.
Normal : elle a 3 ans.
Moi, j’en ai 4.
Et je perds patience.
Je sors.
Une fois dehors, elle arrive derrière moi, mais n’arrive pas à ouvrir la porte d’entrée.
Il devait y avoir une poignée particulière, un geste précis.
Je lui explique.
Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
Ça ne marche pas.
Alors je lui dis que je pars chercher les parents.
Que je reviens.
Que tout va bien.
Et je la laisse là.
« J’ai perdu mes parents »
On logeait dans un bungalow, un peu à l’écart du bâtiment principal.
Je pars sur les petits chemins éclairés, ceux qui mènent vers l’hôtel.
Je marche.
Je reconnais vaguement les endroits.
Je suis sûre d’aller dans la bonne direction.
Il n’y a presque personne.
Tout est calme.
Les lumières sont allumées, comme d’habitude.
J’arrive dans le hall.
Je regarde autour de moi.
Je ne vois personne que je connais.
Alors je m’assois.
J’attends.
Au bout d’un moment, deux dames viennent me voir.
Elles me demandent ce que je fais là.
Je leur dis que j’ai perdu mes parents.
Mes souvenirs s’arrêtent là.
La suite, je la connais parce qu’on me l’a racontée.
La boîte de nuit comme point de ralliement
Les deux femmes m’emmènent… à la boîte de nuit de l’hôtel.
Oui.
La boîte de nuit.
Elles me soulèvent au milieu de la piste et crient :
« À qui est cette enfant ? »
Mes parents, visiblement un peu moins fiers que quelques heures plus tôt, finissent par apparaître.
Ma mère repart récupérer ma sœur.
Fin de l’épisode nocturne.
Le karma ne tarde jamais
Manifestement, dès 4 ans, j’étais déjà livrée à moi-même dans des situations absurdes.
Et visiblement, l’univers avait décidé que mes parents allaient payer immédiatement.
Parce que le retour fut… instructif.
Le vol de la punition
Deuxième avion de ma vie.
On s’installe.
On attend.
Et là, annonce : grève du personnel de bord.
Nous sommes restés des heures coincés dans l’avion.
Des heures.
Années 80 oblige :
pas d’écran,
pas de distraction,
pas de plan B.
Juste deux enfants de 3 et 4 ans, de plus en plus fatiguées, et des parents confrontés à leurs choix de la semaine précédente.
Origine officielle des galères
Je n’ai pas beaucoup de souvenirs précis de ce vol.
Mais j’aime penser que c’était une forme de karma immédiat.
Ce souvenir d’enfance en voyage est flou par endroits, mais certaines images sont restées gravées très précisément.
Voyager dans les années 80 ; j’étais simplement une enfant perdue, dans un hôtel, en voyage, rien d’extraordinaire pour l’époque. Au final, c’était déjà une galère de voyage familiale, simplement vécue à hauteur d’enfant.
Adeline, celle qui a appris très tôt que se perdre faisait déjà partie du voyage.
🏷️ Un automne des Années 80
Pour d’autres « aventures », c’est par là:
