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Deux pannes avant Hoi An

Scooter en panne sur la route de Hoi An

On voulait relier Hue à Hoi An en scooter. Sur le papier, c’était un road trip au Vietnam simple et parfait : une carte, la mer, et quelques heures de route. Ce qu’on a surtout vécu, c’est une panne de scooter au Vietnam, puis une deuxième, et une rencontre inattendue, bière fraîche et œuf millénaire à l’appui.

La confiance avant la panne

On loue un scooter pour faire Hue – Hoi An.
Bonne idée sur le papier : liberté, mer à suivre, carte “au cas où”.
Le début du trajet, on le connaît déjà. On l’a fait quelques jours plus tôt pour visiter la presqu’île à côté de Hue.
Confiance totale.

On quitte l’hôtel.
Deux kilomètres plus loin, mon compagnon me dit qu’on est à plat.

Sérieusement… ?!
C’est ma première pensée.

Mais bon. On est encore dans Hue, pas loin de la base de location. Ce n’est pas dramatique.
On s’arrête. On appelle le numéro sur le contrat.
Une heure, peut-être deux plus tard, le scooter est réparé.

Je me dis qu’on n’aura sûrement pas le temps de faire autant de stops que prévu.
On se dit que c’était la galère du jour.
Spoiler : non.
On repart.

Soleil, bitume et jambes oubliées

La route est magnifique.
On peut quand même faire quelques pauses : regarder, manger un bout.
Tout va bien.

Scooter en panne vers Hoi An

Enfin presque.

Les coups de soleil arrivent.
On avait pensé à se couvrir les épaules… mais pas les jambes.
Résultat : des cuisses bien grillées.

J’essaie tant bien que mal de bricoler une protection avec un paréo, version survie approximative.
Note mentale pour l’avenir : mettre un pantalon pour une journée scooter au Vietnam.

On passe Da Nang.
Dernière ligne droite avant Hoi An.

Mon compagnon s’arrête.
On est à plat.
Encore.

On est partis tôt le matin.
On a passé la journée sur le scooter.
On a des coups de soleil partout où c’est socialement acceptable de brûler.
Et on avait vraiment envie d’arriver.

Le mime universel (ou presque)

Cette fois, on est au milieu de nulle part.
Plus de batterie. Plus de réseau.
Juste nous, le scooter, et le Vietnam.

Là, je n’ai plus trop le sourire.

On croise un monsieur.
On mime le téléphone.
Il ne comprend pas.

On insiste.
Pouce, petit doigt, oreille, bouche.
Toujours rien.

On finit par lui montrer le numéro écrit sur le contrat de location.

Là, illumination.
Il pianote sur sa main.

Conclusion : on ne mime clairement pas le mot “téléphone” de la même manière.
Note mentale numéro deux.

Il appelle. Discute longuement en vietnamien.
Puis nous fait signe de le suivre.

On arrive dans un boui-boui qui s’avère être… un garage.

Œuf de cent ans et bières fraîches

Un gars repart avec le scooter.
Un autre nous invite à entrer.

On s’assoit sur des tabourets minuscules.
Et sans un mot…
Il nous tend une bière.

Puis une deuxième.

Puis arrivent les œufs.
Des œufs de cent ans.
Et du poisson mariné.

Mon compagnon ouvre le sien.
Filet noir. Texture suspecte.
Je regarde. Je réfléchis.
Je choisis le poisson.
Et la bière.

On ne parle pas la même langue.
Mais tout est fluide.

Il écoute les infos sur son ordinateur.
Il vérifie nos verres toutes les dix minutes.
Pas pour savoir si on va bien.
Juste pour être sûr qu’ils ne soient jamais vides.

Le temps s’arrête un peu.

Same same

À un moment, il demande d’où on vient.
France. Pháp.

On connaît la réaction habituelle.
On a vu les regards, ailleurs.

Il regarde mon compagnon.
Compte ses doigts : một, hai, ba…
Compte les siens.

Et dit :
Same same.

Il avait un peu bu.
Mais c’était tellement inattendu.
Tellement doux.

Le scooter est réparé.
On paie l’équivalent de 5 euros.
On aurait payé plus rien que pour ce moment.

On repart.
Un peu éméchés.
Très brûlés.
Avec un sourire qu’on n’a jamais perdu.

On pensait faire un trajet.
On a surtout fait une rencontre ; cette galère de voyage au Vietnam s’est transformée en souvenir précieux.

Adeline, celle qui croyait aller d’un point A à un point B, et s’est arrêtée pile là où il fallait.

🏷️ Été 2016

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